Cette année ma “découverte”, c’est le métro. J’ai toujours vécu dans des petites villes, mais depuis 6 mois, je prends le métro. Tôt le matin. Tôt comme quand le monsieur qui nettoie la station passe la petite machine sur le quai. Tôt comme quand il n’y pas un bruit et qu’on peut entendre “don’t worry, be happy” à la radio. Tôt comme quand il y a juste assez de monde pour s’occuper à les observer, mais pas trop pour ne pas qu’ils m’écrasent les pieds. Juste ce qu’il faut pour savoir que je prends le métro avec les mêmes gens tous les matins, et que le manque de foule enlève un peu de cet anonymat.
Il y a M Roux-qui-ne-sourit-jamais-mais-qui-s’habille-super-bien, avec son super Ipod et qui s’assied toujours sur le fauteuil où j’avais envisagé de m’assoir -je rentre en dernier dans la rame, j’aime pas les gens qui poussent dans le dos-.
Il y a Mme Toujours-pressée-Why-the-rush?, qui arrive presque aussi en avance que moi (c’est génétique chez moi d’être en avance) -c’est à dire juste quand le métro précédent quitte la station- mais qui court quand même sur le quai -pas pour attraper le métro hein, il est déjà parti- , qui se lève du banc dès qu’elle entend un petit bruit indiquant l’arrivée du suivant, qui est debout la station d’avant celle où elle descend -qui est aussi le terminus-. Elle doit passer sa journée à courir.
Il y a M Grosses-couilles-dans-un-jogging, en face de qui je me suis retrouvée l’autre matin, ce qui lui a valu son surnom, parce que je ne pouvais pas détacher mes yeux de ça. Pas übersexy, plutôt bbwwaark même.
Il y a Petit-Portugais-Mimi, qui arrive toujours super juste pour la correspondance -chaque matin je me demande s’il arrivera à temps- et qui joue à cache-cache-regard avec moi.
Il y a, selon les jours, le Couple-d’amoureux-en-fin-de-weekend qui va à la gare et qui profite toujours de l’occasion pour s’embrasser en me roulant sur le pied avec la valise à roulettes; le Business-man qui s’en va pour un rendez-vous d’affaire en TGV et qui systématiquement vérifie l’heure de son train sur son billet ; l’Etudiant-Fatigué, qui exceptionnellement s’est levé tôt pour un truc obligatoire et qui essaye de finir sa nuit en fermant les yeux dès qu’il le peut ; il ya parfois quelques noctambules en fin de nuit, qui n’attendent qu’une chose, de retrouver leur lit.
Et puis il y a Melle Grande-Blonde-en-tailleur, qui fait la ligne de bout en bout, qui est parfois pas très bien réveillée et qui monte toujours par les escaliers, jamais les escalators. ça, c’est moi.