Ce matin après avoir raccompagné Emeule à la gare je suis montée dans le bus 10. Et sur le trajet, je me suis rendue compte, soudain, que j’étais en train de refaire le parcours que j’avais fait en arrivant seule dans cette nouvelle ville un mercredi midi, sans savoir où descendre. Et là dans le bus entre les lycéens mal réveillés et les travailleurs et leur tête de lundi matin, j’ai réalisé.
A quel point tout ce qui m’était étranger alors m’est familier aujourd’hui.
Je connais les rues. Je connais les pavés. Je sais ce qu’il y a de l’autre côté de ce pont. Je sais le nom de cette ruelle. J’ai des souvenirs à chaque coin de rue. Et surtout, je connais les gens.
Je fais la bise au serveur de ce bar quand j’y rentre, et y suis accueillie royalement. Le vendeur de l’épicerie en bas de chez moi rigole quand je viens chercher du thé le matin, les yeux collés de sommeil. Je salue Yvonne qui traverse la place avec son petit cabas rempli de boîtes de sauce tomate à la provençale. J’ai toujours un petit coup d’œil pour ce magnifique métis dans son magasin de vêtements. Je connais les raccourcis, les magasins ouverts tard la nuit.
C’est ma ville.
A la fin de cette semaine c’est fini. Fin de l’école, fin de Besançon.
Mais ensuite, tout commence…